Non, les recruteurs ne sont pas méchants !

On entend souvent que « les recruteurs sont nuls, « les recruteurs sont mauvais », ou encore que « les recruteurs sont méchants ». Il est vrai que postuler à une offre ou passer un entretien d’embauche est un moment particulièrement stressant. On a alors l’impression d’être évalué, voire jugé. Si bien qu’il est facile de percevoir l’évaluateur, le recruteur, comme un grand méchant.

Mais qu’en est-il réellement ? Cet article est là pour rassurer les candidats (et les recruteurs aussi !) en expliquant comment ça se passe « de l’autre côté ». Vous verrez que la mauvaise réputation des recruteurs tient avant tout à une différence de perception entre les candidats et les recruteurs.

Les recruteurs sont mauvais : mythe ou réalité ?

À la lecture d’avis postés sur certains réseaux sociaux, le constat est sans appel : le rôle des recruteurs est souvent remis en cause. Cela témoigne d’une divergence entre les candidats et les recruteurs. Mais quelles peuvent être les causes de cette déconnexion candidats-recruteurs (surtout dans certains métiers en tension comme dans l’IT & le digital) ?

Dans bien des situations, il est très commun d’attribuer des caractéristiques négatives à son évaluateur, quel qu’il soit. Correcteurs d’examens, évaluateurs du permis de conduire, chargés de recrutement… Que ce soit sous le coup du stress ou de l’émotion, les candidats sont tentés de qualifier ces individus de grands méchants. Sans doute un biais cognitif qui vise à nous rassurer ?

De même, lorsque notre candidature n’est pas retenue sur un poste, nous pouvons être tentés de penser que c’est la faute d’un mauvais recruteur, incapable d’apprécier notre talent et notre potentiel à leur juste valeur. La violence du propos est alors à la hauteur de notre déception.

Alors oui, dans un contexte d’évaluation des compétences sur CV et en entretien d’embauche, il est très facile de prendre les choses personnellement. Mais gardez en tête que la mission des recruteurs est de faire matcher des compétences avec des besoins précis pour un poste donné. Ni plus, ni moins.

Bien évidemment, il existe des recruteurs incompétents. C’est une réalité propre à tous les métiers. Nous ne pouvons malheureusement pas y faire grand-chose et là n’est pas le cœur du sujet.

Ce n’est donc ni de la mauvaise volonté de la part des recruteurs, et encore moins quelque chose de personnel. Dans la très grande majorité des cas, les recruteurs sont loin d’être volontairement méchants, nuls ou mauvais. Cette appréciation tient avant tout du mythe et d’un problème de perception. En effet, la perception des candidats est bien souvent biaisée, voire « mauvaise ».

Les raisons de cette « mauvaise » perception côté candidats

La principale raison tient en une seule phrase : les recruteurs manquent de temps. Dans un souci d’efficacité avant tout, le temps leur manque (cruellement) pour traiter les candidatures comme ils le voudraient.

La plupart des recruteurs gèrent de nombreux postes (parfois plus de 30 !) à pourvoir en parallèle, avec pour chacun des dizaines, voire des centaines de candidatures à traiter. Imaginez le volume et le temps qu’il faut. Ouvrir un à un tous les CV reçus pour une offre est déjà en soi une activité extrêmement chronophage (et assez répétitive !).

Il est bien difficile dans ces conditions de faire un retour détaillé à chaque candidat, surtout par téléphone. D’où la frustration (parfaitement compréhensible) ressentie par les candidats lorsqu’ils n’ont aucun retour du recruteur.

Dans bien des cas, la candidature est écartée indépendamment des compétences du candidat : le recruteur a déjà trouvé la perle rare et n’a plus besoin (ni le temps) d’évaluer d’autres profils pour le poste.

C’est pourquoi, en tant que candidats, ne vous formalisez pas si vous recevez une réponse négative alors que votre profil correspond parfaitement au poste. Il se peut même que le recruteur soit lui aussi frustré de ne pas avoir reçu votre candidature un peu plus tôt (#HistoireVécue).

Par ailleurs, certains candidats ne jouent pas le jeu : ils postulent à tout, sans s’assurer de cocher les cases des postes en question. C’est une des raisons qui fait qu’il y a trop de candidatures à gérer pour le recruteur.

À ce propos, nous en profitons pour faire passer un message de la part de tous les recruteurs : faites bien attention à postuler aux offres d’emploi auxquelles correspond votre profil. Vous ferez ainsi gagner un temps précieux aux recruteurs. In fine, ce sont aussi les candidats qui sont gagnants.

Scénario : « et si les candidats pouvaient échanger directement avec les recruteurs ? »

L’idéal pour le candidat serait d’avoir directement le numéro de téléphone du recruteur sur l’annonce. Ainsi, il pourrait lui poser toutes ses questions, lui demander où en est sa candidature et le convaincre qu’il est le bon profil pour le poste. Cela fait rêver, n’est-ce pas ?

Le problème : c’est tout simplement ingérable pour le recruteur. Comme nous l’avons vu, celui-ci passe son temps à courir après… le temps, justement. S’il lui faut répondre en permanence à un téléphone qui ne cesse de sonner, son métier va grandement se complexifier.

Idem pour ce qui est de rappeler chaque candidat ayant postulé à une annonce. Il est vrai que de pouvoir recevoir un appel téléphonique personnalisé du recruteur est le top en termes d’expérience candidat. Le retour par téléphone apporte beaucoup de valeur ajoutée au candidat.

Le recruteur profite lui aussi d’une valeur ajoutée indirecte : amélioration de la marque employeur, meilleure compréhension des attentes du marché, prise d’informations, entretien d’un vivier actif de candidats, etc.

Mais avoir un contact direct avec tous les candidats tient de l’impossible, surtout lorsque vous le faites à grande échelle. Imaginez que vous devez organiser un échange téléphonique d’une dizaine de minutes avec chacun des candidats ayant postulé à vos offres. Le modèle est non-viable, même si ce serait idéal. Comment faire alors ? Un compromis est-il possible ?

Comment les recruteurs peuvent-ils reconquérir les cœurs des candidats ?

Pour les postes à forte volumétrie de candidatures, le fameux mail de réponse automatique est une réponse valable. Au moins, le candidat sait en quoi s’en tenir. Même si c’est assez frustrant de ne pas savoir pourquoi notre candidature est écartée, c’est toujours mieux que de n’avoir aucun retour (et d’avoir l’espoir d’être appelé à tout moment).

Rappelez-vous par ailleurs que de nombreuses candidatures sont écartées faute d’être arrivées trop tard dans le processus de recrutement. Bien que le profil puisse correspondre au poste, la candidature est alors mise de côté par le recruteur.

Recevoir un mail de retour négatif est toujours décevant. Il n’en demeure pas moins qu’il est important de l’envoyer afin que le candidat sache à quoi s’en tenir. En tant que recruteur, vous pouvez même mentionner que le profil était très intéressant pour le poste, mais que le process est en cours de finalisation actuellement.

Être transparent est un bon moyen pour rassurer le candidat sur son profil. N’hésitez pas à lui dire que sa candidature est mise dans votre vivier et à l’inviter à consulter régulièrement vos offres d’emploi. Ainsi, la graduation du mail de retour (mail réponse vivier, mail retour négatif, etc.) est l’une des réponses pour fluidifier la relation recruteur-candidat, tout en restant dans le domaine du possible.

Plus globalement, voici quelques pistes pour améliorer l’expérience candidat :

  • Avoir un processus de recrutement court et clairement expliqué au candidat.
  • Faire en sorte que tous les intervenants (recruteurs, managers, direction, RH) fassent preuve de réactivité.
  • Utiliser des tests d’évaluation utiles et cohérents avec le poste à pourvoir.
  • Tenir informé les candidats via des allers-retours réguliers (idéalement avec un interlocuteur unique).

 

 

Nous espérons que cet article vous aura sensibilisés aux défis quotidiens auxquels les recruteurs doivent faire face. Les différences de perception et le contexte naturellement stressant du recrutement engendrent bien des incompréhensions. Pourtant, candidats et recruteurs ont tout intérêt à avancer en bonne intelligence, tant leurs objectifs convergent.

Nous vous invitons donc à privilégier les entreprises (et les recruteurs !) à l’écoute autant que possible. À ce propos, le cabinet de recrutement Solantis a été labellisé Best Workplace Experience par Speak & Act. C’est le signe que nos recruteurs sont non seulement épanouis, mais aussi soucieux de répondre aux attentes des candidats qu’ils accompagnent.